«Pas d’entreprises saines sans un environnement sain»

Les banques encouragent leurs clients et les autorités à investir davantage dans la biodiversité

Les banques encouragent les entreprises qui prennent la biodiversité au sérieux. Les crédits et les investissements tiennent compte de l’impact des entreprises sur leur environnement. S’il est négatif, cela peut impliquer des risques financiers supplémentaires. S’il est positif, l’entreprise devient plus attrayante pour un financement. Car contrairement à ce qu’on croit souvent, une économie qui se porte bien et un écosystème sain ne sont pas incompatibles. De plus, le bon équilibre peut donner aux entreprises un avantage concurrentiel majeur.

Outre le coronavirus et le dérèglement climatique, une menace encore plus importante plane sur nous : la perte de notre biodiversité, une tendance dont les entreprises ne tiennent assurément pas assez compte aujourd’hui. Le déclin de la biodiversité est plus rapide que jamais et il est donc urgent d’agir, affirme le bureau de conseil international Arcadis dans un webinaire.

"La biodiversité est le fondement de la prospérité et d’une économie saine. Malheureusement, notre biodiversité est dans une situation dramatique, en partie à cause de la pollution et de la disparition des habitats. De nombreuses entreprises dépendent toutefois fortement d’écosystèmes sains. Il suffit de penser à l’importance de la pollinisation naturelle pour les secteurs agricole et alimentaire. Si les entreprises n’accordent pas suffisamment d’attention à la préservation et à la restauration des écosystèmes, cela se répercutera inévitablement sur leurs résultats.» Johan Lammerant, expert 'Business and Biodiversity' au bureau de conseil Arcadis

Les entreprises sont largement dépendantes de la biodiversité et, heureusement, elles sont de plus en plus nombreuses à reconnaître qu’il leur incombe d’agir. Elles sont également encouragées à le faire par les banques, qui intègrent de plus en plus l’attention portée à la biodiversité comme paramètre dans les demandes de crédit et les investissements.

"L’impact direct du secteur financier sur la biodiversité est plutôt faible, mais son influence indirecte est beaucoup plus importante. Dans leurs politiques de crédit et d’investissement, elles peuvent prendre en compte l’incidence sur la biodiversité des entreprises financées. Grâce à un financement conscient et sélectif, il est possible d’avoir un impact positif sur la biodiversité. Les banques peuvent choisir de financer des activités qui ont des effets positifs et être sélectives avec celles qui ont des effets négatifs." Tom Van den Berghe, Directeur 'Sustainable Finance' chez Febelfin

Un système gagnant-gagnant

L’attention portée à la nature dans les investissements crée souvent des situations gagnant-gagnant. Les parcs éoliens en mer en sont un bon exemple. Ils génèrent non seulement des revenus et de l’énergie verte, mais offrent également à la nature de nouvelles possibilités, surtout si un certain nombre de mesures supplémentaires sont prises.

"La navigation et la pêche en mer sont interdites à l’intérieur et aux alentours d’un parc éolien marin, ce qui permet à la nature de s’épanouir. Les populations de poissons peuvent s’y développer sans être perturbées, ce qui profite au secteur de la pêche. Il est en outre possible de créer des récifs artificiels sur les éoliennes et autour de celles-ci, avec à la clé une grande abondance de moules, de crustacés et d’anémones. Si toutes les mesures possibles sont également prises pour éviter les collisions avec les oiseaux marins et migrateurs, les investisseurs peuvent bénéficier d’un avantage concurrentiel lors de l’appel d’offres pour de tels parcs." Johan Lammerant, expert 'Business and Biodiversity' au bureau de conseil Arcadis

Des avantages concurrentiels 

Il est évident que, dans un avenir proche, les entreprises et les institutions financières seront soumises à des exigences plus strictes en matière d’obligations d’information en ce qui concerne la biodiversité. Pour les entreprises, il est donc judicieux d’anticiper. L’Europe fournit également des orientations à cet égard avec son Pacte vert, qui comprend un système de classification indiquant sur quelles activités durables sur le plan écologique les instruments de financement verts peuvent se concentrer.

"Certaines entreprises font déjà plus que ce que les autorités attendent d’elles et, avec certaines institutions financières, prennent les devants dans cette problématique. Elles poussent même les pouvoirs publics à accorder plus d’attention à la perte de la biodiversité." Johan Lammerant, expert 'Business and Biodiversity' au bureau de conseil Arcadis

Contactez-nous
Koen Cypers Business Manager, Bereal
Koen Cypers Business Manager, Bereal
A propos de Bereal