Nouvelle conception mixte de logements et de supermarchés

Nouvelle conception mixte de logements et de supermarchés

Les promoteurs immobiliers souhaitent bâtir des logements sur le terrain de centaines de supermarchés

Mercredi 30 novembre 2016

  • ​Les promoteurs immobiliers souhaitent inciter les villes à allier logements et supermarchés, une nouvelle conception du logement qui devrait permettre d’exploiter au maximum les espaces restreints de nos villes.
  • Ainsi, les parkings et toits plats existants des chaînes de supermarchés, qui aujourd’hui demeurent souvent peu exploités, pourraient être transformés en appartements, logements et parcs.
  • Des 1461 supermarchés étudiés en Flandre, 336 sites pourraient convenir dans le cadre de cette nouvelle tendance. En Wallonie et à Bruxelles, il pourrait s’agir de quelques centaines de sites.
  • Selon le secteur, l’idée pourrait contribuer à résoudre la pénurie de logements dans les villes pour les dix prochaines années.
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Associer logements et supermarchés, c’est un concept auquel les promoteurs immobiliers de notre pays font notamment référence pour répondre à la pénurie de logements et remplir efficacement les espaces restreints. Les parkings et les toits plats de nombreuses grandes chaînes de supermarchés pourraient ainsi être convertis en zones d’habitation. En Flandre, à Bruxelles et en Wallonie, quelques centaines de sites de supermarchés pourraient convenir, selon une étude récente. UPSI-BVS, l’organisation sectorielle qui représente les promoteurs immobiliers de notre pays invite les villes à miser davantage sur ce nouveau type de logements.

Notre pays a clairement besoin de nouveaux espaces de logements, et principalement en Flandre et à Bruxelles. C’est ce que confirme d’ailleurs UPSI-BVS, qui représente plus de 150 promoteurs immobiliers. L’organisation sectorielle souhaite élargir le débat et lance ainsi une idée novatrice, celle de la conception mixe du logement et des supermarchés.

Concrètement, UPSI-BVS propose de transformer les parkings et les toits plats des grands supermarchés urbains en zones de logements et espaces publics. Ainsi, la majeure partie d’entre eux pourraient accueillir des habitations et des appartements, et les espaces de parking disponibles pourraient également être transformés en espaces verts ou en terrains de sport.

A l’instar du modèle néerlandais

L’idée de l’association du logement et du supermarché n’est pas tout à fait nouvelle. Depuis quelques années déjà, notamment aux Pays-Bas, plusieurs supermarchés ont été transformés, avec fruit, en zones vertes d’habitation. Ainsi, par exemple, il est possible à Utrecht de faire du sport sur des terrains de football situés sur les parkings de l’Ikea. Et un peu plus loin de chez nous, en Chine, plusieurs habitations ont été construites sur les toits de différents grands centres commerciaux.

“Nous devons oublier les grandes boîtes à parkings des années 70. Au fil des ans, elles n’ont pas cessé d’être agrandies ou transformées, mais pendant la nuit et une partie de la semaine, ces grandes aires de stationnement sont inexploitées, voire abandonnées. Selon nous, associer logements et supermarchés permettrait de remplir efficacement toutes ces parcelles disponibles. Si ces mêmes supermarchés sont pourvus d’un parking souterrain, il est possible de construire sur les parkings actuels.”

Olivier Carrette, administrateur délégué d’UPSI-BVS

Des centaines de sites

Pour la Flandre, il existe des données chiffrées précises quant aux possibilités d’association de logements et de supermarchés. Des 1461 supermarchés étudiés en Flandre, 336 sites maximum pourraient convenir dans le cadre de cette nouvelle tendance, selon une étude récente menée par l’Université de Gand et la KU Leuven (document Superwoonmarkten - Isabelle Loris & Ann Pisman). Au total, ce serait une superficie de 200 à 250 ha qui pourrait être ainsi bâtie. Pour les sites en Wallonie et à Bruxelles, le secteur ne dispose pas de données chiffrées aussi détaillées. Mais une estimation rapide permet de mettre en évidence quelques centaines de sites dans ces régions également.

“Cela pourrait être la solution à la pénurie de logements dans notre pays pour les dix prochaines années. C’est loin d’être négligeable puisque, selon les estimations, notre pays comptera quelque 780 000 habitants de plus d’ici 2030. Cela représente 475 000 ménages pour lesquels il faudra trouver au moins quelques milliers d’hectares. Aussi, devons-nous oser opter, en collaboration avec les pouvoirs publics, pour une vision à plus long terme et ne pas nous contenter d’aujourd’hui. Associer logements et supermarchés est par conséquent un bon exemple d’exploitation efficace des parcelles disponibles.”

Olivier Carrette, administrateur délégué UPSI-BVS

Par ailleurs, cette nouvelle conception du logement répondrait non seulement aux besoins en logement pour les dix prochaines années mais contribuerait également à l’essor de l’écologisation des villes. Ainsi, cette conception mixte permettrait de limiter la mobilité tout en gonflant les rangs de la clientèle des centres commerciaux.

Octroi efficace de permis de bâtir

En tant que représentant d’un secteur créateur de plus de 40 000 emplois, UPSI-BVS souhaite entamer le débat sur cette conception mixte du logement et du supermarché avec le secteur du commerce du détail et les pouvoirs publics. Selon l’organisation sectorielle, plusieurs grands acteurs au sein du secteur du commerce du détail sont déjà conscients des opportunités qu’offre ce nouveau concept et élaborent déjà des plans concrets. Outre les terrains commerciaux, les écoles et les immeubles de bureaux pourraient également convenir, conclut le secteur.

En ce qui concerne les pouvoirs publics, l’organisation sectorielle demande une certaine ouverture d’esprit quant à l’octroi efficace de permis de bâtir pour ce type de projets. La préparation de la reconversion d’un site de supermarché peut durer jusqu’à cinq ans, actuellement, du début du projet à l’octroi du permis de bâtir. La construction, quant à elle, peut prendre encore un an et demi. La Flandre est souvent plus rapide en la matière que les autres régions, mais les nombreuses études préalables obligatoires constituent les plus gros points névralgiques.