Les Belges ont toujours plus de mal à louer leur résidence secondaire en Espagne

Certaines régions mettent en place de véritables “blocus sur la location”

Mercredi 22 août 2018 — Les Belges disposant d’une résidence secondaire en Espagne ont toujours plus de mal à la louer. Le taux d’occupation des résidences secondaires (maisons, villas et appartements) en Espagne a baissé l’année dernière pour la première fois en 5 ans. Une baisse qui dépasse les 3%, selon les statistiques officielles relayées par Azull, le leader belge du marché immobilier espagnol. Surtout, cette tendance semble se confirmer cette année : selon les premiers chiffres disponibles, une chute de 3,8% du taux d’occupation est enregistrée au mois de juin 2018, comparativement à juin 2017. Les prochaines années s’annoncent encore plus compliquées, dans la mesure où certaines régions expérimentent des législations limitant les possibilités de location.

Alors que l’Espagne continue à accueillir chaque année toujours plus de de touristes étrangers - près de 82 millions en 2017 - le marché de la location de résidences secondaires prend le contrepied de cette tendance pour la première fois en cinq ans. Le taux d’occupation a ainsi chuté de plus de 3% l’année dernière et la tendance semble se confirmer : les derniers chiffres officiels indiquent une chute de 3,8% pour le mois de juin 2018 comparativement à la même période l’année dernière.

“Au premier abord, cela peut sembler étrange, mais c’est en fait une conséquence logique du succès de la destination”, explique Marleen De Vijt, CEO d’Azull, leader belge du marché de l’immobilier espagnol. “De par la popularité de l’Espagne en tant que destination de vacances, l’offre d’hébergements croît simplement encore plus vite que le nombre de touristes.”

Et cela ne concerne pas que le nombre toujours plus grand d’étrangers - dont un solide contingent de Belges - qui achètent une résidence secondaire en Espagne et la mettent en location lorsqu’ils ne l’occupent pas. La concurrence des hôtels (dont les taux d’occupation augmentent) ne fait que grandir, de même que l’offre disponible sur des plateformes comme Airbnb. “Il est donc tout à fait logique que nos propriétaires de résidences secondaires nous rapportent les difficultés qu’ils connaissent quand il s’agit de trouver des locataires”, ajoute Marleen De Vijt.
 

Obstacles réglementaires

L’offre excédentaire n’est pas le seul facteur : depuis peu, les autorités d’une série de régions espagnoles tentent de limiter, voire interdire la location à des touristes. A Majorque, un véritable “blocus sur la location” est même en place depuis cet été, explique Marleen De Vijt. “Pour toutes les constructions neuves à Majorque, la location à court terme -moins de trois mois- est interdite depuis le 1er juillet.  Et dans la capitale, Palma de Majorque, l’interdiction de louer à des touristes est valable pour tous les appartements, neufs ou non, à moins de disposer d’une autorisation spécifique. Ces mesures ont été prises pour limiter la hausse des prix provoquée par l’afflux de touristes, et qui a atteint un point tel qu’il devient de plus en plus difficile pour la population locale de trouver un logement à louer à prix décent”.

La seule bonne nouvelle tient sans doute au fait que la location reste une préocuppation mineure pour la plupart des Belges propriétaires d’une résidence secondaire en Espagne. La majorité d’entre eux achète en effet ce type de biens pour en profiter eux-mêmes et le mettre à disposition des membres de leur famille. “Même s’ils considèrent souvent comme un plus appréciable la possibilité de louer leur bien quelques semaines, lorsqu’il est de toute façon inoccupé”, affirme Marleen De Vijt. “Mais la période lorsque le marché était surtout occupé par des investisseurs à la recherche de rendement est déjà dépassée, dans la mesure où les ‘affaires en or’ deviennent quasiment introuvables.”   

Certains acteurs évoquent encore un rendement de plus de 7%, mais c’est sans compter les coûts et autres taxes. En réalité, il faut plutôt compter sur un rendement net d’environ 2%, prévient le leader belge de l’immobilier espagnol.  

 

Marleen De Vijt Managing partner at Azull
Joachim Deman Bereal