Acheter un bien, un pari presque impossible pour les jeunes,  sans l’aide financière des parents

Acheter un bien, un pari presque impossible pour les jeunes, sans l’aide financière des parents

Selon les statistiques annuelles du SPF Economie, le Belge considère plus que jamais l’immobilier comme un bon placement

Vendredi 24 avril 2015 — Les statistiques annuelles publiées aujourd’hui par le Service Public Fédéral Economie confirment que le marché de l’immobilier s’en est bien sorti en 2014 au vu de la crise financière et de l’incertitude juridique. CENTURY 21 Benelux prévoit qu’en 2015, le Belge investira encore plus consciemment dans l’immobilier, d’autant plus que les comptes épargne ne rapportent presque plus rien. Toutefois, le plus grand groupe immobilier national constate depuis l’année dernière qu’il est devenu presque impossible pour les jeunes d’acquérir un bien sans l’aide financière de leurs parents, notamment parce que les banques n’hésitent pas à refuser des prêts hypothécaires à des jeunes de 20 ou 30 ans s’ils ne disposent pas d’un bon capital d’entrée. C’est ce qu’a révélé une enquête interne du groupe, qui  souligne que la famille intervient à concurrence d’environ 15 à 25% du montant total de la transaction.

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Selon les statistiques annuelles du SPF Economie, le marché belge de l’immobilier a bien résisté en 2014. Les prix montrent que les maisons familiales (+1,1%), les appartements (+0,8%) et les villas (+0,6%) ont enregistré une légère hausse par rapport à 2013, tout comme les terrains à bâtir (+4,8%). Cette augmentation est constatée principalement en Flandre alors qu’en Wallonie, les prix se sont stabilisés ou ont reculé.

“Les taux d’intérêt en baisse ont permis à l’immobilier de réaliser de beaux chiffres en général en 2014. Nous remarquons que les habitations compactes, les appartements et les studios ont le vent en poupe auprès des acheteurs tandis que les grandes habitations spacieuses et les villas se portent un peu moins bien. Et cela se ressent naturellement aussi dans certaines régions au niveau du prix. A cet égard, de plus en plus d’acquéreurs considèrent le coût total du bien et tiennent compte désormais aussi des frais liés au logement, outre le montant de l’achat. Les acheteurs ne prennent donc plus uniquement en considération les mensualités mais également d’autres paramètres, tels que par exemple la facture énergétique. Par conséquent, une habitation dotée d’un bon score énergétique a toutes les chances de séduire.”

Isabelle Vermeir, porte-parole de Century 21 

Vu que les comptes épargne rapportent peu, les Belges considèrent plus que jamais l’immobilier comme un bon placement. De ce fait, les acheteurs sont beaucoup plus critiques qu’avant.

“Les gens en veulent plus pour leur argent ; ils pèsent le pour et le contre et comparent minutieusement les différentes offres. Tous les aspects doivent être attrayants et plaire. Et dès que c’est le cas, ils ne discutent plus, et la transaction peut avoir lieu."

Isabelle Vermeir

Quelque 25 000 euros de chaque côté

Si aucune mesure politique inattendue n’est prise et si les taux demeurent bas, CENTURY 21 Benelux prévoit une stabilisation du marché de l’immobilier en Belgique en 2015. En revanche, le groupe immobilier assiste depuis un petit temps déjà à une tendance alarmante : les jeunes sont de plus en plus exclus de ce marché. Il ressort d’une enquête interne que de nombreuses transactions menées par des jeunes n’aboutiraient pas sans l’aide financière de leurs parents ou proches. En moyenne, quelque 15 à 25% du montant total de l’acquisition sont ‘sponsorisés’ par des proches, constate CENTURY 21 Benelux.

“Le coup de pouce des parents devient un facteur incontournable, dans la plupart des régions, pour les futurs jeunes propriétaires."

Isabelle Vermeir

Au cours de ces dernières années, de nombreux jeunes de 20 à 30 ans se sont vu refuser leur prêt hypothécaire. Un jeune de 25 ans doit disposer en moyenne d’un apport sur fonds propres de 50 000 euros, et pour un trentenaire, les banques osent même aller jusqu’à exiger un montant de 70 000 euros.

“Les acheteurs potentiels doivent donc souvent disposer au préalable d’un capital de 20% du montant de la transaction, et cet argent est souvent donné ou prêté par les parents qui le prélèvent sur leur propre capital. Nous voyons de plus en plus souvent de jeunes couples qui reçoivent chacun de leur côté quelque 25 000 euros de leurs parents respectifs.”

Isabelle Vermeir

Cela signifie aussi que de plus en plus de jeunes doivent recevoir l’approbation de leurs parents avant d’acheter leur petit nid douillet.

“Alors qu’avant les parents ne voyaient souvent la maison de leurs enfants qu’une fois la transaction terminée, nous constatons que les parents participent dorénavant activement à la chasse à la maison idéale. Ils sponsorisent le bien et veulent donc aussi avoir leur mot à dire. Parfois, cela donne lieu à de nombreuses discussions, mais le Belge est prêt à faire des sacrifices pour avoir son propre logement."

Isabelle Vermeir